21 mars 2026, journée mondiale des forêts
Nous parlons beaucoup des forêts comme des puits de carbone indispensables pour sauver une planète dont le climat se dérègle, mais nous aurions beaucoup plus à recevoir des forêts : par exemple des leçons d’économie !

Les forêts sont un exemple type de Bien commun, utile à tous.
La gestion des forêts, partout dans le monde, est un laboratoire de régénération, quand elle est bien faite. Une forêt, c’est une profusion de vie, de vie végétale bien visible, de vie microscopique et souterraine que nous ne pouvons pas voir, et de vie animale bien cachée aux visiteurs mais qui laisse des traces comme ces coulées qui témoignent de leur passage.
C’est sur cette vie que je voudrais attirer votre attention, et sur ce qu’elle nous enseigne.
On parle beaucoup d’écosystèmes, mais nous sommes bien peu à leur accorder suffisamment d’attention pour les lire et les interpréter. Et si nous leur accordions le regard d’un économiste ?
Beaucoup de compétition : pour les ressources du sol, pour la lumière qui permet la précieuse photosynthèse, beaucoup de relations proie-prédateur qui maintiennent un équilibre indispensable faute de quoi ceux qui proliféreraient abusivement dévoreraient des pans entiers de l’écosystème. Ces relations de compétition et de prédation sont essentielles pour l’écosystème (je ne parle pas de la prédation humaine qui n’est, elle, pas régulée par des lois naturelles).
Beaucoup de coopération : les jeunes arbres poussent à l’abri des anciens, privés en partie de lumière mais protégés des éléments adverses (tempêtes, ensoleillement trop fort). Toutes les plantes bénéficient de la vie souterraine qui consomme et métabolise les nutriments produits par les végétaux (feuilles mortes, bois mort) et en conséquence les sols forestiers sont parmi les plus riches qu’on puisse imaginer, sans apport d’engrais artificiels. Dans une forêt adaptée à son climat et à son sol, l’eau circule et se maintient en équilibre, tant que l’homme ne l’a pas détournée par des drains ou des dérivations.
“Une économie qui ne se soucie pas de l’équité et de la coopération est une économie qui finit par détruire son propre capital social.” Amartya Sen (Prix Nobel d’Économie)
En fait c’est le système économique idéal tel que Samuelson pouvait le représenter au milieu du XXème siècle : un circuit fermé qui nourrit tout le monde et qui peut croître en équilibre avec son environnement.
Quelle différence avec notre économie ?
Nous avons certes de la coopération (relations fournisseurs clients, fonctions support, infrastructures fournies par les collectivités, conseil, gestion) mais nous regardons toute notre économie comme une gigantesque compétition. Gérer la compétition est effectivement essentiel, mais la penser de concert avec la coopération est tout autant nécessaire. Le résultat : le sol, le socle de notre économie, se dégrade (l’environnement n’est plus suffisamment nutritif), l’écosystème se vide (délocalisation) et devient une monoculture d’économie tertiaire, la vie souterraine et microbienne (tous les petits qui font tourner les rouages) est broyée, balayée, bientôt remplacée par l’IA. Nous devons retrouver le sens de la coopération, en vivifiant les interactions entre les acteurs de l’économie.
“Le défi de l’économie est de bâtir des institutions qui incitent les individus et les entreprises à agir pour le bien commun, là où la compétition seule échoue.” Jean Tirole (Prix Nobel d’Économie)
A ce stade, nous pouvons également parler d’économie circulaire. Dans la forêt, le sol est riche car il est nourri de déchets qui sont consciencieusement digérés. La circularité est essentielle, c’est un sujet dont on parle abondamment. Mais ce qui est également essentiel, c’est une croissance harmonieuse, une croissance en équilibre avec le système. L’économie d’aujourd’hui favorise le gigantisme, le gagnant qui prend tout, le prédateur qui triomphe. L’économie d’aujourd’hui ne sait pas reconnaitre la juste contribution, la juste mesure qui elle seule permet à un écosystème de prospérer. Ce n’est pas qu’une question de circularité, c’est une question de fonctionnalité !!
Alors, prêt à penser l’économie autrement ?
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