Les 10 risques majeurs pour l’économie selon le forum économique mondial

Source des documents, des figures et des informations : Global Risk Report 2026, document accessible en ligne. Notre analyse de ce document et nos préconisations pour répondre à la crise.

Quand les meilleurs experts mondiaux sont plus pessimistes que l’année passée…

Depuis quelques années, le rapport de prospective « Global Risk Report » du forum économique mondial ne se contente pas de classer les risques encourus par l’économie mondiale mais envisage la possibilité d’une polycrise, un moment où tous ces risques pourraient frapper de concert. Nous sommes donc sous la menace d’une polycrise tandis que les crises elles mêmes se succèdent au point de nous penser en permacrise.

Les 1300 experts convoqués pour ce rapport sont peu optimistes et sont plus de 50% à voir l’avenir comme turbulent ou catastrophique aussi bien à 2 ans qu’a 10 ans d’échéance, une nette progression par rapport au rapport 2025.

Le top 10 des risques à 2 ou 10 ans

Les crises environnementales (épuisement des ressources, effondrement de la biodiversité, dérèglement climatique) sont depuis longtemps dans le top 10 des risques à court et à moyen terme, mais les experts sont également préoccupés par la confrontation géoéconomique qui s’est durcie l’année dernière sous l’impulsion des Etats-Unis, dont le caractère prédateur s’est affirmé bien plus ouvertement l’année dernière. En 8ème position l’année dernière, elle passe au premier rang des risques à deux ans d’échéance. Cela ne surprend pas nécessairement, mais cela souligne à quel point les experts pensent cette menace durable. La désinformation reste une préoccupation majeure même si elle est détronée par la guerre économique. Et la polarisation de la société progresse elle aussi au point que les événements climatiques extrêmes reculent à la quatrième position.

La polarisation de la société préoccupe d’autant plus qu’elle est représentée parmi les risques à deux ans par plusieurs facteurs que sont les inégalités, les migrations, et l’érosion des droits humains. Les experts ne sont guère optimistes sur le pacte social, mais rappelons-nous que la question posée ici est celle des impacts économiques. Les menaces sur notre pacte social sont bien des menaces pour l’économie réelle.

A l’échéance de 10 ans, comme dans les rapports précédents, ce sont bien quatre préoccupations environnementales qui prédominent. Et tout de suite après, deux conséquences majeures du tout numérique : la désinformation et les effets indésirables de l’intelligence artificielle qui progressent même d’un rang devant l’épuisement des ressources pourtant lui aussi très concret et très lié à l’économie.

Systémique et écosystémique

Alors comment s’exprime la résilience dans un tel contexte de crise ? Nous avons souvent souligné à Green Lean Consulting la nécessité de mettre en place une économie de l’alliance. Le rapport évoque lui aussi cette nécessité et voit émerger de nouvelles formes de coopération économique au niveau international. Les nécessités conjointes de l’adaptation climatique, de l’innovation, et de la croissance nous obligent à la coopération.

Plus intéressant encore, le rapport souligne l’interdépendance systémique entre tous ces risques. Même si je trouve que la pollution est probablement sous-évaluée à la fois dans son intensité et dans son impact sur les autres risques, les liens très forts identifiés par les experts entre les différents risques doivent être au cœur de nos préoccupations. Nous parlions de polycrise, il s’agit d’une crise profondément systémique. Et l’on voit clairement que les inégalités et le ralentissement économique sont au cœur de ce réseau systémique.

Les inégalités sont le carburant de la défiance qui ruine la cohésion sociale, le terreau de la désinformation, et alimentent les points de rupture du pacte social. Nous avons un rôle à jouer à ce niveau, nous les acteurs économiques, parce que nous sommes capables de resouder ce qui peut encore l’être dans notre société.

Si les inégalités sont le carburant, le ralentissement économique est le détonateur, le piège de la dette, la confrontation économique, et les risques technosécuritaires sont autant d’étincelles qui peuvent mettre le feu aux poudres, nous l’avons vu avec les droits de douane que les USA voulaient imposer au monde entier.

La fragilité structurelle de l’économie mondiale requiert des efforts de régénération. La tragédie des communs nous a déjà entrainé au-delà de points de rupture qui se manifestent par cette fragilisation. Il est encore temps de l’enrayer.

Systémique des risques, la taille des ronds indique leur ampleur, l’épaisseur des traits marque les influences

Penser la résilience

Penser la résilience nous demande d’interroger le modèle en profondeur et de bien percevoir sa vulnérabilité.

Plus que de la vulnérabilité, le diagnostic de fragilité structurelle posé dans ce rapport nous engage à davantage. Les efforts d’économie régénérative doivent plus encore aujourd’hui se penser en termes de retour sur investissement sociétaux (ROI-S ou SROI). Nous y reviendrons dans un article dédié à ces indicateurs essentiels qui structurent notre économie : quelle est la valeur d’un retour à l’emploi, d’une tonne de carbone évitée, d’une montée en compétence, de l’insertion d’un jeune en échec, de déchets qui ne sont pas enfouis ni incinérés, d’hectare de biodiversité préservés ? Ce ROI sociétal nous éclaire sur les outils dont nous disposons pour sortir de la permacrise. Chaque euro investi dans l’économie régénérative peut injecter 2 euros et plus dans l’économie locale.

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